Face au COVID-19, les sauniers veillent au grain

Les Marais Salants, un paysage remarquable

L’Ile d’Olonne compte cinq marais salants. Parmi ces derniers, les trois salines exploitées par Yohan Eveno et son associé, Julien Lardeux. Si le confinement n’a pas forcément impacté leur quotidien sur les marais salants, les deux sauniers ont surtout subi les conséquences de la crise au niveau commercial. Une situation vécue de façon similaire par leurs voisins exploitants. Malgré tout, Yohan reste confiant pour la saison.

Qu’a changé le confinement dans votre quotidien professionnel ?

Y.E : « Nous craignions au départ de devoir rester enfermés chez nous. Au final, nous avons pu continuer à nous rendre sur nos marais. Je travaille avec mon associé Julien, Quentin, qui gère notamment les livraisons et un stagiaire que nous formons. Nous n’avions pas le choix que d’être tous sur le terrain pour sauvegarder notre activité et ne pas prendre de retard pur la récolte. Depuis février, nous préparons nos marais. En clair, nous vidangeons et enlevons la vase des bassins. Nous réhaussons aussi les séparations entre les bassins avec de l’argile dure. Objectif : réparer et rendre propres tous les marais pour l’été. Avant le confinement, nous étions également en train d’agrandir notre exploitation. A ce jour, nous gérons 14 aires de plus, soit au total, 75 aires salantes. Comme on travaille seul, en plein air, chacun avec ses outils, la crise ne nous a pas vraiment gênés dans ces travaux de préparation ».

Avez-vous du coup été pénalisés sur le plan commercial ?

Y.E : « Nous avons dû fermer notre boutique où nous vendons habituellement du sel aux clients habitués mais aussi aux touristes de passage. La grande distribution a arrêté de faire appel à nous. Nous avons pu livrer uniquement aux commerçants autorisés à ouvrir ou à des restaurants qui faisaient de la vente à emporter comme le Fatra. Nous avons aussi continué à travailler avec la conserverie La Sablaise qui nous achète du sel et met en pot les salicornes que nous produisons. Au final, nous aurons quand même subi une perte de 50% de chiffre d’affaires par rapport à 2019 ».

Le déconfinement est donc une bonne nouvelle pour vous ?

Y.E : « Le sentier de randonnée étant à nouveau ouvert, on revoit du monde et ça fait du bien de reparler aux promeneurs. Notre boutique a rouvert mais n’accueille qu’une personne à la fois. Les commandes reprennent mais timidement. Nous attendons surtout la saison touristique pour vendre notre sel et faire visiter notre exploitation librement. Pour l’heure, nous sommes concentrés sur la météo plutôt clémente qui devrait précipiter la récolte, normalement prévue pour fin juin ».
Enfin, quels sont vos projets à moyen terme ?

Y.E : « Continuer à développer d’autres marais salants et convertir des jeunes à notre métier, lequel participe aussi à l’image de marque du territoire. La crise a aussi révélé aux gens l’intérêt de consommer local, ce qui est plutôt une bonne chose pour l’avenir de notre filière ».

 

Marais des avocettes

 

 

 

 

 

 

Sortez chez nous

Le sel de l’Ile d’Olonne, trésor de nos marais

Le marais des Olonnes s’étend sur 1 316 hectares sur l’agglomération des Sables d’Olonne. C’est un réservoir de biodiversité et d’activités traditionnelles (maraichages, saliculture, marais à poissons, …), ancrés dans notre patrimoine et dans notre identité.

Aujourd’hui plus que jamais, les circuits courts ont le vent en poupe : vente directe, magasins de producteurs, comptoirs locaux, marchés, etc.

Dans ce contexte, « l’or blanc » et les marais salants de l’Ile d’Olonne prennent tout leur sens. C’est le fruit d’un savoir-faire et d’une passion qui se transmettent de génération en génération. Ils contribuent à l’attractivité économique et touristique, à l’entretien des paysages et à la préservation de notre cadre de vie.

L’Ile d’Olonne, compte aujourd’hui cinq marais salants en exploitation :

  • La Salorge de la Vertonne (marais aux Fèves)
  • Yohan Eveno (marais des Avocettes et deux autres marais – voir plus haut)
  • La famille Raffin depuis 1744 (le marais Rivolia).

La Communauté d’Agglomération est prioritaire de deux de ces marais mis en fermage, hérités en 2017 de la Communauté de communes Auzance et Vertonne qui les avait restaurés.

Ces marais produisent plusieurs tonnes de sel chaque année selon une méthode traditionnelle et durable, de la fleur de sel, de la salicorne, en vente directe sur place, sur les marchés, dans les magasins locaux. Situés sur les itinéraires pédestres et cyclables, les marais salants accueillent toute l’année de très nombreux visiteurs. Venez leur rendre visite !

Vocabulaire : En Vendée, on parle de saunier et d’aire salante / En Loire-Atlantique, on parle de paludier et d’œillet !